Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 secoue le Japon, déclenche sur la côte Est un tsunami atteignant quinze mètres de haut et inonde de vastes contrées. Quelque 20 000 personnes perdent la vie dans ces catastrophes naturelles. Dans la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi, le tsunami a détruit des éléments essentiels de l’installation, au niveau de la technique de sécurité, des blocs de réacteurs 1 à 4. Cela déclenche une fusion du cœur et des explosions. Des substances radioactives sont libérées dans l’environnement et la population est évacuée à grande échelle. Les travaux de déblaiement nécessaires placent les autorités japonaises face à des tâches complexes et durent encore actuellement. Quatre ans et demi après l’accident, la zone évacuée, à part 20 km2 au nord-ouest de Fukushima, est toutefois de nouveau habitable.

L’accident de Fukushima se range au plus haut niveau de l’échelle INES internationale comptant sept niveaux, tout comme la catastrophe de Tchernobyl. Mais la radioactivité libérée est bien moindre. Grâce aux bonnes mesures de protection, les conséquences sanitaires sur le personnel de la centrale et de la population sont bien inférieures. L’accident du réacteur n’a donc occasionné aucun décès. Personne n’est tombé gravement malade. A long terme également, on ne table sur aucune conséquence sur la santé, ni pour le personnel ni pour la population. C’est ce dont atteste le tout dernier rapport complet de l'AIEA de l'automne 2015, élaboré par quelque 180 experts issus de 42 pays (executive summary en français).

Les quatre blocs de réacteur de la centrale nucléaire très endommagée par le tsunami à Fukushima Dai-ichi. (Photo: Keystone)

Les conséquences pour les centrales nucléaires suisses

Sur la base des expériences faites à Fukushima, la Suisse a examiné la sécurité de ses propres centrales nucléaires sous l’aspect de catastrophes naturelles extrêmes et des systèmes de secours d’urgence. En été 2011, les centrales nucléaires suisses ont passé l’attestation de sécurité pour les inondations qui ne se produisent que tous les 10 000 ans. Elle est suivie, en mars 2012, de l’attestation selon laquelle elles résisteraient aussi à un grave tremblement de terre tel qu’il ne s’en produit que tous les 10 000 ans sans dommages pour l’homme et l’environnement et, en avril, le certificat attestant de la maîtrise d’un séisme d’une périodicité de 10 000 ans en combinaison avec la défaillance correspondante des ouvrages d’aA la demande de l’IFSN les exploitants des centrales nucléaires ont par ailleurs mis en disposition un entrepôt externe central pour des équipements d’urgence supplémentaires. Il se trouve dans un ancien bunker de l’armée suisse à l’abri des tremblements de terre et des inondations. Dans ce dépôt sont stockés, entre autres, des groupes électrogènes de secours, des pompes, du carburant et beaucoup d’autre matériel pouvant, au besoin, être transporté immédiatement par hélicoptère sur le lieu d’intervention.

Plusieurs attestations de sécurité

Suite à l’accident de Fukushima, toutes les centrales nucléaires suisses ont participé au test de résistance de l’Union européenne. La Commission européenne leur a attesté de hautes marges de sécurité et de bons résultats en comparaison européenne. Mais la sécurité des centrales nucléaires suisses et la protection de la population devaient encore être optimisées. Pour cela, l’IFSN a présenté en mars 2012 un plan d’action, Celui-ci traite des points à examiner sur la base des Lessons Learned de l’automne 2011 ainsi que des points en suspens résultant du rapport national sur le test de résistance de l’Union européenne et sera mis en œuvre d’ici 2015.

De plus, la résistance sismique des centrales nucléaires suisses a fait l’objet d’un examen approfondi dans le Pegasos Refinement Project (en allemand). Cette étude a été réalisée de 2008 à 2013 au niveau le plus élevé et le plus ambitieux d’une procédure reconnue à l’échelle internationale – que seuls la Suisse et les Etats-Unis ont réussi. Les résultats de l’étude servent de base pour d’autres optimisations de la sécurité.

De nettes différences

Au niveau du type de construction, les réacteurs détruits à Fukushima ressemblent à la centrale nucléaire de Mühleberg. Pourtant, un accident comme celui de Fukushima est très improbable en Suisse parce qu’à la différence des installations japonaises, la centrale de Mühleberg a été constamment rééquipée et mise à jour. Dans les installations suisses, on trouve tout ce qui manquait à Fukushima-Daiichi pour maîtriser l’accident – parce qu’en Suisse, les équipements de sécurité nécessaires à cet effet ont été intégrés dès le début ou installés ultérieurement dès le début des années 1990. 

Ainsi, toutes les centrales nucléaires suisses disposent dès aujourd’hui de plusieurs systèmes de refroidissement d’urgence et de refroidissement du réacteur à l’arrêt différents et indépendants les uns des autres. De plus, toutes les installations sont équipées de systèmes de sauvegarde bunkerisés et protégées contre les séismes de forte intensité, les inondations, les chutes d’avion et les attaques terroristes. Elles restent disponibles si les autres systèmes de refroidissement d’urgence et de refroidissement du réacteur à l’arrêt sont défaillants. De même, toutes les centrales nucléaires suisses disposent de systèmes pour la décompression filtrée et de recombinateurs d’hydrogène qui neutralisent l’hydrogène généré lors de la fusion d’éléments de combustible et préviennent ainsi les explosions. Des analyses de la sécurité des installations sont régulièrement examinées et correspondent à l’état actuel des sciences et de la technique.

L'énergie nucléaire après Fukushima

Après l’accident de Fukushima, de nombreux pays ont révisé leurs installations nucléaires et leur politique d’électricité, pour en venir à la conclusion que, sous l’aspect technique, il n’y avait aucune raison de renoncer à l’énergie nucléaire et à ses avantages significatifs. Car les analyses détaillées de l’accident montrent que, dans toutes les installations atomiques, les systèmes de sécurité ont surmonté le grave tremblement de terre et ont fonctionné comme prévu pour ce cas. Cependant, la protection contre le tsunami consécutif était insuffisante. L’accident nucléaire aurait pu être évité, malgré la violence du tsunami, si les installations à Fukushima-Daiichi avaient répondu aux directives japonaises et internationales. Bien que les insuffisances de la technique de sécurité aient été connues depuis quelques années, les rééquipements correspondants n’ont été ni exigés par les autorités ni mis en œuvre par l’exploitant.

Aussi la quasi-totalité des nations détenant l’énergie atomique poursuivent-elles leurs programmes nucléaires civils. Le Japon lui-même a remis en service les premières centrales nucléaires à l’automne 2015, après des vérifications approfondies de son parc de centrales.

En Suisse, Fukushima a été le déclencheur de la nouvelle stratégie énergétique 2050. L’interdiction souhaitée des nouvelles centrales nucléaires signifierait pour la Suisse un abandon de l’énergie atomique vers 2034. Confortée dans sa décision d’abandon de l’énergie atomique par Fukushima, l’Allemagne a retiré à l’été 2012 l’autorisation d’exploitation à huit centrales nucléaires. L’Italie a abandonné la reprise prévue de l’énergie nucléaire.

Une chaîne fatale d'événements

Dans les trois réacteurs à Fukushima Dai-ichi, le tremblement de terre a déclenché un arrêt d’urgence automatique. L’alimentation électrique externe a été coupée et les groupes électrogènes de secours ont assuré la propre alimentation des installations. La première vague du tsunami a détruit les pompes à eau de mer nécessaires pour le refroidissement régulier des réacteurs, des bassins de refroidissement et du refroidissement des groupes diesel électrogènes de secours. La seconde vague du tsunami, plus haute, a inondé la totalité de la centrale et détruit les groupes électrogènes diesel de secours. Ainsi, outre l’alimentation électrique, les installations électriques et des affichages importants étaient aussi défaillants.

La température et la pression ont alors augmenté dans les caissons sous pression des réacteurs, tandis que le niveau d’eau a baissé. Les systèmes de refroidissement d’urgence ont cessé de fonctionner et l'eau dans les réacteurs s'et évaporée. Les décompressions contrôlées n’étaient que partiellement possibles, tout comme l’injection provisoire d’eau fraîche. Les cœurs du réacteur étaient en partie ou totalement à sec sur des durées différentes. Le zirconium a pu oxyder avec la vapeur d’eau dans les enveloppes tubulaires et de l’hydrogène s’est formé. Dans les bâtiments des réacteurs, des explosions d’hydrogène ont endommagé encore davantage les installations. Dans les bassins de refroidissement pour les éléments de combustible usagés également, on a pu constater un manque d’eau de refroidissement ainsi que des dommages mécaniques des éléments du combustible par des débris du bâtiment.

Un risque minime pour la santé de la population

Suite à l’accident, des substances radioactives se sont échappées des réacteurs et des bassins de refroidissement – essentiellement de l’iode radioactif et du césium radioactif – pour aller dans l’atmosphère, la mer et les sols avoisinants. La région au nord-ouest de la centrale a été contaminée sur une distance d’environ 50 kilomètres. La quantité d’iode 131 et de césium 137 libérés correspondait, selon les indications de l’autorité de surveillance japonaise NRA, à environ 10% de la radioactivité libérée à Tchernobyl.

Selon l’Organisation mondiale de la santé OMS, la dose individuelle moyenne a été, dans la préfecture de  Fukushima, de 1 à 10 millisieverts (mSv) durant la première année suivant l’accident. Cela correspond à une radiographie du bassin ou à un scanner du corps entier. Dans les localités les plus irradiées, l’OMS estime la dose individuelle à 10 - 50 mSv, dans les préfectures voisines de Fukushima à 0,1 mSv - 10 mSv et dans le reste du Japon à 0,1 - 1 mSv. Sur 23 000 travailleurs, 167 présentaient des doses de plus de 100 mSv. 12 travailleurs ont reçu de fortes doses. Jusqu’à ce jour, aucun dommage pour la santé dû à la radiation n’est apparu. En comparaison: pour des doses uniques de 100 à 200 millisieverts, aucun effet sur la santé n’est décelable.

A Tchernobyl, des évacuations avaient été initiées à partir d'une dose individuelle d’env. 5 mSv; une prudence encore supérieure a été appliquée à Fukushima. Si une région subit, en raison d’un accident nucléaire, une radiation telle que la dose est de 20 mSv la première année, il faut s’attendre, d’après les expériences de Tchernobyl, à environ 60 mSv au total lors d’un séjour à vie dans cette région. 

Rayonnement fort diminué

Depuis l’accident du réacteur, le rayonnement a déjà nettement diminué à Fukushima et aux alentours. La zone centrale rouge, la plus fortement contaminée, s’est fortement rétrécie. D’une part, le rayonnement baisse en effet relativement vite au début. D’autre part, vent et pluie dispersent et lessivent les particules radioactives (notamment le césium-137). Par ailleurs, comme les populations ne sont pas 24 heures sur 24 en plein air, mais la plupart du temps dans des maisons, leur exposition aux radiations est en plus diminuée de 40%. Donc, si des individus étaient restés dans les zones d’évacuation (surfaces rouges, jaunes et parties des surfaces vertes), ils y auraient absorbé au cours de leur vie une dose égale à deux ou trois fois celle absorbée pendant la première année. 

La répartition du rayonnement après l’accident du réacteur de Fukushima-Daiichi, fin avril 2011 et en novembre 2014. En l’espace de trois ans et demi, le rayonnement a fortement diminué.

Passer toute sa vie dans la région alpine expose aussi à un rayonnement naturel plus fort. En effet, les roches de cette région, principalement le granite, recèlent comparativement beaucoup d’uranium. Sa décomposition libère par conséquent de grandes quantités de gaz radon radioactif que la population inhale. Le rayonnement total est constant pendant toute la vie, mais, cumulé, il représente au moins autant que les doses qui seraient absorbées pendant une vie dans la zone d’évacuation rouge de Fukushima. Selon la logique d’évacuation japonaise, cles alpes seraient inhabitables. Bien entendu, cela ne nécessite pas pour autant d’évacuer les habitants de l’Engadine. Compte tenu de la dose potentielle qu’ils absorberaient pendant toute leur vie, même les habitants de Fukushima auraient pu retourner chez eux si les lois et les normes étaient plus tolérantes. Ainsi, la Commission internationale de protection radiologique CIPR recommande une évacuation si, en plus du rayonnement naturel, la dose individuelle devait être comprise entre 1 et 20 mSv. 

Les doses naturelles absorbées pendant toute une vie par la population des zones rouges, jaunes et vertes de l’espace alpin sont au moins aussi fortes que celles correspondant à la zone d’évacuation principale de Fukushima.

L’OMS ne s’attend donc pas à observer une augmentation du taux de cancers. Elle n’escompte pas non plus davantage de malformations chez les nouveau-nés. Les modifications constatées lors des examens à grande échelle sur la thyroïde de la population concernée sont comparables à celles des personnes non irradiées. Le cancer de la thyroïde sévit partout – en moyenne, une personne sur dix est concernée. Mais pour la plupart des individus, il ne cause pas de problèmes de santé. D'ailleurs, le Comité Scientifique sur les Effets du Rayonnement Ionisant des Nations Unies confirme cette évaluation dans l'annexe A du nouveau rapport annuel Unscear 2013 Report.
Pour en savoir plus sur les radiations et les doses, cliquez ici.

Autres détails sur les événements et les conséquences de Fukushima
L’Inspection fédérale de sécurité nucléaire (IFSN) répond aux questions fréquemment posées sur l’accident de Fukushima.
L’IFSN explique les différences entre Fukushima et Tchernobyl
Rapports de l’IFSN sur Fukushima
Portail Fukushima de la société pour la sécurité des réacteurs (en allemand et anglais)
Rapport de la société allemande pour la sécurité des réacteurs (en allemand et anglais)
Rapport de l’OMS de fin décembre 2012 sur l’irradiation de la population par l’accident de Fukushima Dai-ichi
Rapport WANO sur les causes, le déroulement et les enseignements tirés de Fukushima (en anglais)
Rapport du gouvernement japonais à l’intention de l’AIEA
Rapports de l’exploitant de Fukushima Tepco sur la situation actuelle: Current situation of Fukushima Daiichi and Daini nuclear power station

 


Communication presse

Betriebsverlauf

14.11.2018 10:33

Die Anlage produzierte im Oktober 2018 nach Plan und ohne Unterbruch.

Im Berichtsmonat wurde ein

...

Lire plus »
Visites

Visites

Venez nous visiter et faites-vous votre propre opinion!

Lire plus »
Contact offre d'emploi

Contact offre d'emploi

© Kernkraftwerk Gösgen-Däniken AG

Kraftwerkstrasse
CH-4658 Däniken

T: +41 (0)62 288 20 00
F: +41 (0)62 288 20 01

Kontaktformular