Dans les réacteurs à eau du type de Gösgen,
de l'eau pure, normale et entièrement déminéralisée,
est utilisée à la fois comme modérateur et
comme caloporteur. L'eau de refroidissement modère les neutrons
générés par la fission nucléaire; elle
freine les neutrons s'échappant à vitesse élevée
du combustible jusqu'à une vitesse dite «thermique»,
à laquelle ils peuvent déclencher une nouvelle réaction
en chaîne. Cette même eau transporte la chaleur (caloporteur)
hors du réacteur.
L'eau normale utilisée est quelquefois qualifiée
de «légère», par opposition à l'eau
dite «lourde» formée d'hydrogène «lourd»
contenant dans son noyau un neutron en plus du proton habituel (deutérium).
La sûreté «intrinsèque» du réacteur
repose sur les propriétés du modérateur et
du combustible: lorsque la température du caloporteur augmente
et qu'il se forme des bulles de vapeur, la densité de l'eau
diminue, et moins de neutrons sont ralentis. Par ailleurs, en cas
d'élévation de la température du combustible,
davantage de neutrons sont absorbés par l'uranium 238, le
constituant premier du combustible. Moins de neutrons sont alors
disponibles pour le déclenchement de nouvelles réactions
en chaîne. En cas d'incident avec perte du caloporteur due
à une brèche importante, la réaction en chaîne
s'arrêterait immédiatement, d'une part grâce
à l'absorption plus élevée de neutrons due
à l'augmentation de la température, d'autre part à
cause de la perte d'effet modérateur dans le cœur du
réacteur par la formation de vapeur.