Néanmoins, les réserves d’uranium sont nettement plus importantes. Si le prix de l’uranium augmente, d’autres mines seront exploitées et on développera son extraction à partir de phosphates. Par ailleurs, d’importantes quantités d’uranium sont issues des différentes étapes du traitement et du recyclage du cycle du combustible nucléaire mais ne peuvent être utilisées, à l’heure qu’il est, pour des raisons économiques ou politiques (comme, par exemple, le moratoire de 10 ans établi par la Suisse sur le retraitement des déchets nucléaires). Ces réserves seront conservées et leur sécurité assurée, afin de permettre leur utilisation ultérieure en fonction du prix de l’uranium et / ou de l’évolution de la situation politique.
Les terrils des déblais de mines d’or et les cendres obtenues lors de la combustion du charbon dans les centrales au charbon contiennent des quantités importantes d’uranium facile à extraire.
Tout ceci permet d’accroître la portée des réserves d’uranium, toujours au rythme de consommation actuel, à plus de 500 ans.
Si le prix de l’uranium devait encore augmenter, même l’extraction d’uranium à partir de l’eau de mer pourrait devenir rentable – c’est un procédé que le Japon teste déjà dans la pratique. Toujours par référence à la technologie actuelle, la portée des réserves d’uranium passerait ainsi à des dizaines de milliers d’années.
Mais, bien évidemment, tout dépendra de la technique de réacteur utilisée. Les réacteurs rapides (appelés «surgénérateurs»), qui ont déjà fait l’objet d’essais industriels, sont capables de produire 50 fois plus d’énergie que les installations actuelles, et ce à partir de la même quantité d’uranium. Si, à l’avenir, le parc mondial de centrales nucléaires est enrichi de surgénérateurs de ce type, la portée des réserves en uranium, extrait à moindre coût, passera à des dizaines de milliers d’années.