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Énergie nucléaire: une implantation tout autour de la planète

On recense actuellement, à l’échelle de la planète, 444 centrales nucléaires en fonctionnement (chiffres 2008), dont environ 190 installations sur la partie du territoire européen située à l’ouest de l’Oural. De plus, 40 installations sont en cours de construction, tandis que 80 autres environ font l’objet de projets concrets. L’énergie nucléaire est une technologie dûment éprouvée, qui a de l’avenir.

Un sixième de l'électricité provient des centrales nucléaires

Un sixième environ des besoins mondiaux en électricité est couvert par l’énergie nucléaire – à peu près autant que par l’énergie hydraulique. Au total, c’est environ un tiers de l’électricité mondiale qui est produit pratiquement sans émissions de CO2, dont la moitié par des centrales nucléaires. Les deux tiers restants sont fournis par les centrales au charbon, au gaz, et au pétrole.

Ces dernières décennies, la production d’électricité par des centrales au charbon, au gaz et au pétrole a très fortement augmenté – et par là même les émissions de CO2, un gaz à effet de serre. La production d’électricité est donc devenue un problème central pour la politique de protection du climat. Le développement de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables peut contribuer à une réduction notable des émissions de CO2.

Emissions mondiales de CO2 de 1970 à 2004

Renoncer à l’énergie nucléaire, autrement dit à la moitié de l’électricité produite aujourd’hui dans des conditions de respect de l’environnement et du climat, n’aurait aucun sens, ni sur le plan économique, ni au niveau écologique.

La fièvre mondiale de l'énergie augmente

Dernièrement, on a assisté à un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. Les raisons de cet état de fait sont évidentes:

  • Les centrales nucléaires nées du boom des années 1970 vont atteindre, dans un avenir proche, le terme de leur durée de vie économique et devront être remplacées.
  • La demande d’électricité ne cesse d’augmenter dans le monde entier, mais surtout dans les pays récemment industrialisés à forte population tels que le Brésil, la Chine ou encore l’Inde, mais aussi en Suisse. Selon les estimations du Centre d’information énergétique américain, la demande mondiale pourrait quasiment doubler d’ici à 2025.
  • Les prix élevés du pétrole et du gaz rendent l’énergie nucléaire encore plus attractive sur le plan économique.

La protection du climat et la raréfaction des matières premières s’expriment en faveur de l’énergie nucléaire, qui préserve l’environnement et n’émet quasiment pas de gaz à effet de serre.

L’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère terrestre est essentiellement due à la production d’électricité à partir d’énergies fossiles – comme dans cette centrale au lignite située à Weisweiler, en Allemagne.

L'augmentation de la teneur en CO2 de l'atmosphère terrestre est essentiellement due à la production d'électricité à partir d'énergies fossiles – comme dans cette centrale au lignite située à Weisweiler, en Allemagne.

Climat: l'énergie nucléaire fait partie de la solution

Dans l’état actuel de la technique nucléaire, l’énergie nucléaire ne peut pas résoudre à elle seule le problème du climat. Or, renoncer à l’énergie nucléaire compliquerait singulièrement la solution. Il est judicieux que les pays possédant une expérience en matière de nucléaire continuent d’utiliser cette technologie exigeante et améliorent ainsi la marge de manœuvre des pays du tiers monde dans leur exploitation des énergies fossiles.

C’est la raison pour laquelle, dans son quatrième rapport d’évaluation publié en 2007, le Groupe d’experts intergouvernemental de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC) qualifie explicitement l’énergie nucléaire, parallèlement aux énergies renouvelables, de technologie-clé capable d’atténuer le problème du climat.

Pour plus d’informations sur le rapport du GIEC, veuillez cliquer ici (Informations en anglais ou en français).

L'énergie nucléaire: une partie de la solution au problème du climat.

L’exemple de la France illustre bien la rapidité à laquelle l’énergie nucléaire peut être développée si tant est que le pouvoir politique en manifeste la volonté : en réponse à la crise pétrolière des années 1970, notre voisin a mis en service, au cours des dix années écoulées entre 1977 et 1986, pas moins de 42 grandes centrales nucléaires.

L'UE et les pays du G8: l'avenir comptera avec l'énergie nucléaire

Près de 30 % de l’électricité consommée dans l’UE sont produits par des centrales nucléaires. En janvier 2007, la Commission européenne s’est clairement exprimée en faveur d’un allongement de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires existantes et pour la construction de nouvelles installations. Et, le 14 octobre 2007, le Parlement européen a approuvé, avec une écrasante majorité de 509 voix contre 153 et 30 abstentions, un rapport établissant la nature incontournable de l’énergie nucléaire pour la sûreté de l’approvisionnement électrique de l’UE et la protection du climat (plusd’informations).

Presque tous les grands pays industrialisés, de même que l'UE, misent sur l'énergie nucléaire.

Lors de la rencontre au sommet des huit plus grands pays industrialisés (G8) fin juillet 2008 au Japon, la France, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Italie, le Japon, la Russie et les États-Unis se sont déclarés favorables à une utilisation de l’énergie nucléaire à l’avenir. Seule l’Allemagne veut abandonner le nucléaire et arrêter par anticipation ses 17 centrales nucléaires existantes.

La Russie et l'Asie misent sur l'énergie nucléaire

A l’heure actuelle, des programmes ambitieux d’extension de l’énergie nucléaire sont en place, notamment en Russie, en Inde et en Chine. La Russie a l’intention de mettre en service deux nouvelles centrales nucléaires par an à compter de 2012, afin d’être en mesure d’exporter davantage de gaz naturel à un prix compétitif vers l’Europe de l’ouest. Fin 2008, sept centrales nucléaires étaient en construction en Russie, dont un surgénérateur et la première centrale nucléaire flottante du monde, dont les deux petits réacteurs permettent l’alimentation en électricité et en chaleur de l’Arctique russe.

En Asie orientale et du sud, plus de 110 centrales nucléaires sont déjà en fonctionnement et deux douzaines de tranches, environ, sont en cours de construction. Fin 2008, sur le seul territoire chinois, sept centrales nucléaires étaient en phase de construction tandis que la construction de 16 autres était en passe de débuter. En Inde, six centrales nucléaires étaient en construction fin 2008, dont un surgénérateur. Huit autres centrales nucléaires sont prévues.

La Chine connaît un développement rapide: construction d'une centrale nucléaire dans les environs de Hong Kong. (Photo: Areva)

Fait assez remarquable, les Emirats arabes unis (EAU) qui disposent d’importants gisements de pétrole et sont membres de l’OPEP tablent à leur tour sur le nucléaire pour l’avenir: en décembre 2009, ils ont en effet signé un contrat portant sur la construction de quatre tranches nucléaires de 1400 MW chacune.

États-Unis: présentation de nombreuses demandes de construction

Pendant l’été 2005, le Congrès américain a adopté une nouvelle loi sur l’énergie qui, parallèlement à la promotion des énergies renouvelables, ouvre largement la porte à de nouvelles centrales nucléaires. L’État a rationalisé la procédure d’autorisation et assume le surcoût des six premières nouvelles centrales nucléaires au cas où la procédure prendrait du retard sans que le maître d’ouvrage puisse en être tenu pour responsable.

Avant la fin 2008, les entreprises d’approvisionnement électrique américaines avaient déposé des demandes d’autorisation de construction pour 26 nouvelles tranches nucléaires sur 17 sites différents et annoncé la construction de nouvelles unités.

          Les États-Unis misent sur les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire: projet de deux nouvelles centrales nucléaires en Floride. (Photo: Westinghouse)      
Les États-Unis misent sur les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire: projet de deux nouvelles centrales nucléaires en Floride. (Photo: Westinghouse)

Nouvelles constructions et projets en Europe, en Amérique latine et en Afrique du sud

En Europe, la Roumanie a mis en service une nouvelle centrale nucléaire en 2007 (Cernavoda 2, réacteur canadien à eau lourde Candu). Deux autres unités devraient être achevées dans les années à venir.

En Finlande, la cinquième centrale nucléaire du pays est en construction (Olkiluoto 3, réacteur à eau sous pression EPR d’Areva) et les préparatifs d’une sixième sont d’ores et déjà en cours. La Finlande entend ainsi réduire sa dépendance vis-à-vis des importations d’électricité en provenance de Russie.

Fin 2007, en France, à Flamanville, en Normandie, on a également lancé la construction d’un EPR – un avant-coureur dans le renouvellement de l’actuel parc nucléaire français qui compte aujourd’hui 58 centrales. La construction d’un autre EPR a été annoncée.

Un prototype destiné au renouvellement du parc nucléaire français: le chantier de l'EPR à Flamanville. (Photo: EdF)

Au cours des années à venir, la Slovaquie et la Bulgarie vont chacune achever la construction de deux tranches nucléaires dotées de réacteurs à eau sous pression russes.

Début 2008, le gouvernement britannique a décidé de remplacer ses centrales nucléaires vieillissantes par de nouvelles.

On étudie aussi sérieusement la construction de centrales nucléaires dans les pays baltes, en Italie, aux Pays-Bas, en République tchèque et en Pologne.

La Belgique, l’Italie et la Suède font machine arrière sur leur précédente politique de sortie du nucléaire ou, au moins, reconsidèrent leur position sur la question.

En Amérique latine et en Afrique, l’Argentine, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du sud préparent l’extension de leur parc nucléaire.

Des études approfondies: dans le laboratoire souterrain du Mont Terri (Canton du Jura), la Nagra étudie l'adéquation au stockage de déchets radioactifs d'une couche rocheuse argileuse («argiles à Opalinus»). (Photo: Nagra)

Déchets radioactifs: un objectif atteint pas à pas

Des dépôts de stockage final pour déchets faiblement et moyennement radioactifs existent depuis plusieurs années dans les pays suivants: la Finlande, la France, la Grande-Bretagne, le Japon, la Suède, l’Espagne et les États-Unis.

Le dépôt en couches géologiques profondes pour les déchets hautement radioactifs n’est en revanche utilisé que lorsque les déchets en question ont été entreposés suffisamment longtemps dans des centres de stockage intermédiaire afin de refroidir. A l’heure actuelle, seuls les États-Unis exploitent un dépôt de stockage final militaire pour déchets hautement radioactifs, mais des préparatifs de grande envergure sont en cours dans de nombreux pays tels que la Belgique, l’Allemagne, la Finlande, la France, la Grande-Bretagne, le Japon, le Canada, la Suède, la Suisse, l’Espagne et les États-Unis afin de permettre le dépôt en couches géologiques profondes des déchets hautement radioactifs provenant des centrales nucléaires commerciales.

La Finlande et les États-Unis ont d’ores et déjà arrêté leur choix de site (site d’Olkiluoto, approuvé en 2001 par le Parlement finlandais, et site de Yucca Mountain, dans le Nevada, approuvé en 2001 par le Congrès américain). La Suède devrait prochainement prendre une décision.

Pour plus d’informations sur l’élimination des déchets radioactifs, veuillez cliquer ici et ici.


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